Par Edmond Izuba

15000 femmes déjà dépistées en 7 ans d’existence de la campagne de dépistage gratuit des cancers par la Fondation des Anges, dont trois mille l’année dernière.
«Nous avons eu à sauver les vies humaines grâce à nos consultations et une échographie qui répond aux standards internationaux», explique le Dr Antoine Modia, promoteur de la clinique des Anges et de la Fondation qui porte le même nom.
Existant depuis 1990, la fondation des Anges avec elle, la toute première clinique à Mikonga, qui sera plus tard victime de double pillage de 1991 et 1993 à Kinshasa. «j’avais l’air déçu mais cela ne m’avait pas découragé», se rappelle Dr Modia. Aujourd’hui, la fondation des Anges est une référence en matière de traitement des cancers à travers ses hôpitaux basés à Kinshasa précisément dans les communes de Ngaliema et Kasavubu et à Kisangani, dans l’ex province Orientale.
Hormis ses spécialités ( traitement des cancers de sein et du col de l’utérus), cette institution s’est lancé dans le traitement des malformations congénitales pour, selon les dires de son promoteur, lutter contre la misère.
«Je n’ai qu’un seul objectif : c’est de lutter contre la misère. Aujourd’hui la misère de la femme se définit sur le plan sanitaire, avant d’être physiquement visible». Ce professeur de l’université de liège dit s’être vite rendu compte que la femme congolaise était soignée dans des mauvaises conditions. «Comment comprendre que sur 15.000 femmes consultées seules 10% souffrent réellement. Ailleurs, beaucoup se font opérer par manque d’une meilleure échographie. Ce n’est pas normal ! », s’exclame Modia.
Le patron de la fondation des Anges Asbl utilise très souvent sa qualité d’ambassadeur de la paix et du développement durable que comme professeur d’université, pour aider gratuitement et sans relâche les femmes aux cancers métastasés.
Sa joie se résume autour de la reconnaissance de ces nombreuses patientes dépistées et soignées gratuitement. Le simple mot “merci”me suffit, déclare-t-il.

La fondation 《Des Anges》 veut lutter contre toutes formes de violations faites à la personne humaine. Dans son département social, elle encadre les jeunes délinquants qu’on appelle vulgairement à Kinshasa Kulunas, pour faciliter leur réinsertion dans la société.

Mars, mois des consultation et traitement gratuits chez la fondation des Anges

Le professeur Modia a toujours pensé qu’à côté de la célébration de tous biens faits de la femme se trouve les soins de son propre corps, pour rendre ce mois parfait. Pour la célébration de cette année 2019, la Fondation a décidé d’élargir les consultations gratuites jusque fin Avril compte tenu de la demande accrue.
«À part les 5000 FC recommandés pour le carnet médical pour chaque patiente, nous souhaitons aussi que chacune des souffrantes de la pathologie gynécologique se procure aussi de sa trousse chirurgicale (les accessoires intimes pour les soins). Il est très difficile de constater la présence d’un cancer chez une femme et de la laisser partir. C’est comme si je lui souhaitais une mort certaine. Ça je ne le ferai jamais ! 》
Convaincu de son équipe d’experts et collaborateurs (médecins et professeurs en médecine) répandus dans tous ses centres, Dr Modia fait appel aux âmes sensibles qui peuvent donner un coup de pouce à ces femmes.
«Nous sommes capables de sauver de nombreuses et innombrables vies en danger, mais faute des moyens financiers nous sommes obligés de rétrécir le champ de la campagne. Nous œuvrons avec des moyens de bord», signale Dr Modia à Objectif-infos.

Sur les traces du Dr Dénis Mukwege

Dénis Mukwege est un ami d’université avec qui nous avons étudié. Il souffre beaucoup dans son combat. Sauf que dans le combat chacun a choisi de faire sa lutte. Moi, je fais une lutte interne chez la femme, les maladies cancéreuses et gynécologues, lui lutte exactement sur ce qui est visible chez la femme. Mais tou oeuvrons contre les violations des droits de la personne humaine.
Mukwege est détenteur du prix Nobel, avez-vous pensé un jour le devenir ?

«Pourquoi pas. Si l’occasion m’est offerte aujourd’hui je ne refuserai pas», répond le Dr Antoine Modia à nos questions.