Par Edmond Izuba

La situation humanitaire catastrophique qui se manifeste dans la province de l’Ituri caractérisée par l’absence de l’Etat : l’insécurité, le déplacement massif des populations, n’a pas laissé indifférent Moïse Katumbi.  En plein safari dans la partie Est du pays, et comme le témoin oculaire de toutes les souffrances que traversent les différentes communautés de ce coin de la Rdc, l’opposant Katumbi interpelle les autorités compétentes pour une intervention urgente. « Je leur demande de prévoir 100 millions de dollars dans le budget de l’Etat pour des interventions urgentes dans les provinces victimes des conflits, des épidémies et des catastrophes humanitaires. Une partie de ce fond doit également servir à la sécurisation du retour des déplacés, à la reconstruction de leurs maisons détruites et à leur réinsertion », a précisé MK. Dans une réunion de crise tenue en présence des parlementaires, membres du gouvernement et les acteurs humanitaires, l’ancien gouverneur du grand Katanga a déploré « des milliers de morts, dans le cadre d’une guerre entretenue par des manipulations visant à opposer les Congolais les uns contre les autres, alors que la cause est à chercher ailleurs : plus d’un million de nos frères et sœurs sont déplacés en interne et en Ouganda, la plupart d’entre eux vivant à ciel ouvert, sur notre propre sol », selon le rapport établi par le vice-président de sa plate-forme Ensemble pour le changement, Pierre Lumbi, qui a séjourné il y a un mois à Djugu et Mambassa.

« Des victimes égorgées, décapitées, violées, torturées, des incendies des bâtiments représentant l’Etat, des écoles, des habitations, des champs de plantations, témoignent d’une barbarie extrême et planifiée. Plus de 5000 morts sont évoquées depuis la reprise des violences en décembre 2017 ; lorsque vous savez que la guerre de 1999 à 2003, dans la même province, avaient déjà provoqué plus de 60 000 morts… nous ne pouvons accepter cette barbarie qui est devenue presque quotidienne», martèle Katumbi.  Bien qu’indigné par ces réalités tristes, Katumbi souhaite l’activation d’un dialogue social conformément aux us et coutumes traditionnels : nous devons prendre toutes nos responsabilités pour vivre dans la joie et la paix entre nous. Que nos sagesses mettent ensemble pour dialoguer et trouver des solutions ».

Le cri d’alarme de MK est aussi lancé à l’endroit de la communauté internationale, à travers le système des agences des Nations Unies, et à toutes les ONG : « Je leur demande de faire encore plus pour soulager la souffrance des déplacés et contribuer à leur retour à une vie normale». Les leaders d’opinion et les medias sont aussi appelés à contribuer efficacement à cette mobilisation contre la catastrophe humanitaire doublée d’une situation sanitaire avec l’éclosion de l’épidémie d’Ebola.