Par Jean-Chrysostome Luntadila

Après la dénonciation les ondes de la Radio France Internationale (RFI) par le directeur de cabinet du chef de l’État sur le dysfonctionnement que tente de créer les membres du FCC au sein du gouvernement «dit» de la coalition, la rédaction d’Objectif-infos a voulu creuser quant à ce. Vital Kamerhe a également dénoncé la lettre du ministre des finances à l’Association congolaise des banques (ACB), une correspondance à laquelle José Sele Yalaghuli informe à toutes les banques que toute demande de crédit provenant des institutions publiques et entités territoriales décentralisées doit nécessiter son approbation préalable. Comme on peut bien lire sur ce document datant du 26 novembre 2019, le président de la république et le ministre du budget n’ont pas reçu copie de cette information.

Cité parmi les ampliateurs de ladite lettre, le premier ministre semble découvrir son existence le même jour de la dénonciation. Le document N°CAB/MIN.FIN./BMC/2019/4348 est jusque maintenant introuvable dans le service -courriers de la primature. Le chef du gouvernement se sent trahi par sa bonne foi. La lettre place avant tout le ministre des finances au-dessus de la mêlée, et ignore l’existence de toute sa hiérarchie.

Outre le gouvernement et d’autres institutions publiques, cette lettre place aussi les 26 provinces en état d’asphyxie “financière” totale. Non seulement elle amène la lourdeur dans l’intervention de cas d’urgence (sécuritaire et humanitaire en cas de catastrophes) dans les entités territoriales décentralisées, mais fragilise aussi les prérogatives conférées par les textes légaux aux administrateurs de toutes les 26 provinces du pays, même en matière de gestion des finances.

Comment comprendre qu’une telle correspondance qui met institutions publiques en difficulté financière n’est pas retracée, et n’a pas obtenu les avis du chef du gouvernement ni du président de la république ? Cette lettre a-t-elle été débattue au conseil des ministres ? Pourquoi José Sele Yalaghuli agit-il en électron libre ? Une myriade de questions qui valent son pesant d’or.

Ci-dessous la lettre du ministre des finances adressée à l’association congolaise des banques (ACB)