Par Edmond Izuba

Le danger démographique que court la République Démocratique du Congo risque non seulement de retarder davantage son développement, mais aussi et surtout plonger son peuple dans une instabilité sociale criante. L’alerte a été lancée ce mardi 03 décembre à l’ouverture de la 4ème Conférence Nationale pour le repositionnement de la planification familiale, où tous les partenaires et experts de ce secteur ont brandi des statistiques très alarmantes pour l’avenir de la Rdc.  

« La population de la RDC en 2019 est estimée à environ 91 millions d’habitants  par l’Institut National de la Statistique (INS). Avec un rythme de croissance de 3,3%, la RDC s’attend à un doublement de sa population tous les 20 ans, avec un impact direct sur la réalisation des ODD, la transformation socio-économique et  l’émergence de la RDC d’ici 2030», a déclaré le représentant résidant du Fonds des Nations Unies pour le développement, Dr Sennen Hounton. 

Nonobstant la couverture de tous les besoins en contraception estimés à ce jour à 2.5 millions de dollars américain pour l’année prochaine, soit 2020, la Rdc est restée sur le quai depuis 4 ans si ce n’est l’aide de ses partenaires évaluée à 20% de financement. Mais c’est vraiment trop peu. C’est alors qu’en s’appuyant sur les propos SE Monsieur le Chef de l’Etat lors des assises du 20 Aout dernier à Matadi : « au rythme actuel d’accroissement de la population et de nos besoins en énergie, nos forêts sont menacés de disparition à l’horizon 2100’ », le patron  de l’UNPA au pays de Lumumba l’a encouragé de financer sans ambages pour faciliter aux femmes et jeunes d’avoir accès aux méthodes contraceptives de leur choix : afin de permettre à l’Etat congolais de contrôler sa croissance démographique.  

Procédant à l’ouverture de la 4ème Conférence Nationale pour le repositionnement de la planification familiale, le vice-premier ministre en charge de l’intérieur et sécurité, représentant personnel du chef de l’Etat, Gilbert Kankonde a soutenu que la planification familiale déjà inscrite dans le cadre de la couverture sanitaire universelle, est l’un des quatre axes portant sur l’homme sur lesquels ce régime est assis.  « Conscient que la planification familiale offre une opportunité pour améliorer l’accès  aux besoins sociaux de base, tels que l’habitat, la santé, la nutrition, l’éducation, l’environnement, le président de la république note qu’en investissant dans la planification familiale le retour sur l’investissement est énorme», a-t-il fait savoir.

Avec un  taux de croissance annuelle estimé à 0,5, la Rdc est classée parmi les pays qui gardent  un taux de fécondité élevée, derrière la Somalie, Togo et Île Maurice.