Par Edmond Izuba

Escorté par les militaires de la garde républicaine, Franck Diongo a répondu à l’heure, 10h00, à l’appel des juges de la cour de cassation, sur demande des avocats de la partie requérante.

«Le président national du mouvement lumumbiste progressiste, Franck Diongo, a été condamné comme auteur intellectuel des infractions commises par ses militants, arrestation arbitraire et détention illégale assortie de tortures. Mais nous constatons que les quinze auteurs materiels de toutes ces infractions ont été tous libérés. Donc, les infractions condamnant Franck Diongo ne doivent plus exister.»
Dans son jugement rendu sept mois après la condamnation de l’auteur intellectuel des infractions, le parquet de grande instance de la Gombe a préféré acquitter les auteurs matériels avec effet de non retour, tour à tour, les 15 militants, présumés auteurs matériels sous le commandement du député Mlp.

Constat

L’absence totale des preuves de la part des victimes des tortures et détention illégale. les éléments de la garde républicaine avaient, lors de leur témoignage à la cour suprême de justice, déclaré qu’ils ont été passé à tabac par les militants du Mlp en date du 19 décembre 2016, sous les ordres de Franck Diongo. Pourtant, les documents officiels de leur hospilisation n’ont relevé aucune liaison dans leur corps et des traumatismes après leur soi-disant passage à tabac. Ces deux éléments de force de l’ordre vont finir par reconnaître que dans la résidence du député national, ils ont été pris en charge par Diongo et le propriétaire a intervenu pour qu’ils soient gardés hors de tout danger. Des contradictions dans les chefs des éléments de la garde républicaine qui ont favorisé l’acquittement des 15 militants du Mlp, auteurs matériels des infractions pour lesquelles Diongo a été condamné à 5 ans de prison, doivent être revus par la cour de cassation.

Aubin Minaku s’invite dans l’affaire Diongo

N’ayant pas été satisfait par la décision de la cour suprême de justice, le député congolais a porté l’affaire devant l’assemblée parlementaire francophone, Apf en sigle, pour solliciter une assistance juridique sur le plan international. Le président de l’assemblée nationale congolaise avait avoué que son député est gardé en prison pour lui éviter les représailles des éléments de la garde républicaine, qui comptaient venger la détention illégale de leurs collègues.

Dommages et intérêts

Privé de sa liberté depuis bientôt deux ans, Diongo ne veut pas passer inaperçu tous les moments d’angoisses vécues en prison: maltraité malgré sa maladie, privé de droit de visite, condamné injustement, privé de soins de santé, il oblige les dommages et intérêts estimés à 500.000 $, en dehors de son acquittement qu’il considère désormais comme un devoir des juges de la cour de cassation pour honorer la justice congolaise.

Les juges de la cour de cassation ont pris l’affaire en délibéré et comptent se prononcer le 16 juillet 2018 sur la demande de la partie requérante. Une dernière chance pour cet élu du peuple de retrouver son siège à l’assemblée nationale et sa base à la veille de l’organisation des élections. Une mobilisation importante des militants du mouvement lumumbiste progressiste qui assistent à distance à l’audience, encerclés par les forces de l’ordre.