La dépouille arrive au moment où l’on attendait le moins. Au congo de Kabila, l’actualité était consacrée autours de la machine à voter, le nettoyage du fichier électoral et le meeting projeté par Félix Tshisekedi… Peu sont certains esprits nostalgiques au combat de Tshisekedi qui osaient encore espérer. Du coup, surgit la presse, qui annonce la signature imminente d’un protocole d’accord, avant dimanche, pour le rapatriement de la dépouille à Kinshasa, en vue de rendre les hommages dignes et mérités au sphinx de Limete. Chose accomplie entre les trois parties à savoir : le gouvernement, les familles biologique et politique du défunt et l’hôtel de ville de Kinshasa lors d’une cérémonie, sans expliquer en moindre détail sur leur blocage.

Que s’est-il passé pendant ce long moment de silence sur ce dossier ?

Tout commence le 23 Mai 2017 quand Bruno Tshibala, quelques  semaines après sa nomination au poste du premier ministre, décide de relancer le dossier de l’organisation des obsèques d’Etienne Tshisekedi, qui faisait couler beaucoup d’encres et salives. Par sa demande, un avion sera affrété pour aller prendre le petit frère de l’illustre disparue, Mgr Gérard Mulumba dans son diocèse, à Ilebo,  pour Kinshasa.  Il a régulièrement pris langue pendant cette période avec la veuve Tshisekedi après les obsèques organisées à Bruxelles, en Belgique, jusqu’à parvenir à la rédaction d’un communiqué final qui avait même connu un début de signatures. C’est alors qu’il aura décisivement pris l’élan d’enterrer son compagnon de lutte. Marque de considération. Pour les autres, Bruno a secoué la ruche des abeilles. L’homme à abattre.
Les déclarations fusent de partout. De la Belgique où se trouvait le corps, à Kinshasa où se trouve l’assise politique du sphinx, les combattants unanimes piaffaient d’impatience d’enterrer leur leader, avant de penser à son remplaçant. Pas question de politiser le deuil et de prendre en otage la dépouille. Malencontreusement, le contraire va être fait de la plus mauvaise manière, avec une dose exagérée d’intérêts politiques. Les anciens proches, très proches du régime Kabila devenus opposants vont tenter de revendiquer leur positionnement politique en échange d’un corps sans vie. A l’Union pour la démocratie et le progrès social, nombreux seront utilisés comme des marionnettes par ces combattants de circonstance.

Et Tshibala pleura…

Face à l’insolence et à un discours peu tolérant, Tshibala persistait et signer.  En décembre 2017, le premier ministre va réunir tous les responsables concernés pour inhiber un coup monté contre les familles biologique et politique, celui de s’accaparer indument d’un corps sans vie. Cette fois-ci, les choses vont s’éclaircir d’avantage. Dans toutes les activités et cérémonies, avec insistance, devant la presse nationale et internationale, Tshibala  confirmait qu’un dénouement a été fait et qu’en début 2018 les obsèques tant attendues auront effectivement lieu. Ce qui vient de se concrétiser avec l’implication de tous. La signature de l’accord qui vient d’être faite par l’ensemble des parties, c’est une part des engagements solennels pris par le chef du gouvernement. Contre toute récupération politique, Bruno Tshibala consterné, refuse de s’adonner une publicité pour plaire à la masse, plutôt que de se concentrer à une organisation grandiose des obsèques. Il préfère compatir avec la famille éprouvée.

Par Edmond Izuba