Par MB

L’Etat congolais est laïc d’après sa constitution, mais qu’est-ce que cela veut dire en réalité ? Comment vit-on dans un Etat laïc ? Et enfin, quel est l’apport de laïcité sur la citoyenneté ? À tout dire, ces nobles  préoccupations étaient à l’épicentre d’un  Grand Débat enrichissant,  organisé hier mardi 19 Juin 2018, au Centre Wallonie-Bruxelles. « La Laïcité et la citoyenneté ici et ailleurs », tel est le thème développé par Bernard Lututala et Henri Charpentier en marge de la rencontre. Modéré par Richard Ali, les deux intervenants ont éclairé les lanternes des participants, en relevant des contraintes qui s’opposent à la  laïcité, en livrant par ailleurs  quelques pistes des solutions.

Au final,  le Grand-Débat mensuel du Centre Wallonie Bruxelles était plus qu’émouvant, intense en émotion, d’autant plus qu’un vibrant hommage a été rendu au professeur André Lukusa Menda, décédé tout recensement en Belgique. D’entrée de jeu, des témoignages venant de la part des furies de l’écriture, notamment de Freddy Jacquet et de valable auteur André Lye Yoka, à travers un poème lyrique et puissant, ont pu émerveiller des nombreuses personnes qui ont pris l’assaut de la salle théâtrale Jacques  Brel du CWB, très ahurissant. D’emblée, le débat se poursuit un peu plus tard, et les intervenants étaient plus qu’à la hauteur des attentes.

Grâce aux explications claires, concises et précises de leur part, ils ont suscité une vive discussion des assistants.
En effet, Directeur Général de Cedesurk, Bernard Lututala a, au cours de son intervention, défini le concept laïcité et son application en République démocratique du Congo, alors que le belge Henri Charpentier de la maison de la laïcité, a recadré son discours en exprimant par ailleurs une brève historique des péripéties qui ont émaillées le royaume de la Belgique, jusqu’à l’adoption de la laïcité et le principe de la citoyenneté via un soubassement juridique. À ce sujet, à l’en croire, la liberté, l’égalité et la solidarité constituent pour Henri charpentier, les trois piliers auxquels se fondent  la laïcité. Cependant, il a autant laissé entendre que, ce concept est  la possibilité pour chaque personne d’avoir l’opinion et de la vivre en toute liberté. « En terme de cette vocation humanisme laïc, c’est un souhait qui doit nous permettre de multiplier les échanges et d’élaborer une société beaucoup plus ouverte et beaucoup plus humaine », a-t-il insisté.

Pour Bernard Lututala, la laïcité se repose sur trois principes et valeurs, à savoir ; la liberté de conscience et celle de manifester ses convictions dans les limites du respect et de l’ordre public, la séparation des institutions publiques et des organisations religieuses, et l’égalité de tous devant la loi quelles que soient leurs croyances ou leurs convictions. Lututala Bernard, admet que dans l’état actuel en RDC, la religion de l’Etat n’existe pas, chacun a la liberté de choisir sa conviction et ses croyances. Toutefois, cela doit être appréhendé à travers trois principes, la liberté de conscience, la séparation, l’égalité de tous devant la loi quelque soit la croyance.