Par Edmond Izuba

L’annonce a été foudroyante. La télévision nationale prévenait à l’opinion nationale d’une communication importante de la présidence de la république en direct. C’est finalement  l’inhabituel que cela intervient dans pareille heure. Ça ne sera pas un journaliste de la chaine publique congolaise, c’est plutôt le Directeur du cabinet du président de la république qui sera devant les projecteurs et caméras du grand plateau du journal télévisé de la Rtnc. Sa lecture faisait état de la libération de trois prisonniers politiques dont deux seront immédiatement libérés et un autre, Eugène Diomi Ndongala, attendra encore quelques jours. Dans le même registre des graciés du président Tshisekedi, Vital Kamerhe annonce la libération conditionnelle de 700 personnes se trouvant sur l’ensemble du territoire national.   

« J’ai un mot pour le Président investi Mr Félix-Antoinne Tshisekedi Tshilombo. Je le lui rendrai de vive voix à temps opportun. En attendant, merci beaucoup au président de la Rdc. Vive la cause commune de la Rdc ». C’est en ces termes que Firmin Yangambi, un condamné à mort par la Cour militaire de Kinshasa/Gombe pour détention illégale d’armes de guerre et tentative d’organisation d’un mouvement insurrectionnel, aujourd’hui bénéficiaire de la grâce présidentielle, a préféré exprimer sa gratitude au Chef de l’Etat.

Pour rappel, cet avocat membre du Conseil de l’ordre du Barreau de Kisangani et président de l’ONG d’appui aux victimes de la guerre « Paix sur terre » a été d’abord gardé au secret par les services secrets de l’ancien président Joseph Kabila, peu avant le transfèrement de son dossier au parquet puis condamnation le 3 mars 2010.

Le président du Mouvement Lumumbiste Progressiste préfère lui rendre public sa déclaration officielle dans quelques heures. Mais déjà, il estime que l’acte posé par le président Félix Tshisekedi, avec qui ils ont combattu le bon combat aux côtés de son père (Etienne Tshisekedi), c’est un acte salutaire. Aux avocats de Franck Diongo d’ajouter : « les voies de Dieu sont insondables. Franck Diongo libéré après deux ans et trois mois de prison ferme ».  

Arrêté le 19 décembre 2016, date constitutionnellement prévue pour l’organisation de l’élection présidentielle en Rdc, Franck Diongo a été condamné à cinq ans de prison ferme pour avoir séquestré et exercé des actes de tortures sur les gardes républicaine de l’Ex. Président Joseph Kabila dans résidence située  la partie Ouest de la capitale.

Par ces ordonnances de grâce présidentielle, Félix-Antoine Tshisekedi vient d’honorer une de ses promesses de la campagne électorale : celle de libérer, une fois au pouvoir, tous les prisonniers politiques, détenus d’opinion et permettre le retour au pays en homme libre des exilés politiques.

Adieu l’impunité…

Dans la foulée, le Dircab annonce la suspension du ministre des affaires foncières pour violation flagrante de la loi et informe sur l’ouverture d’une procédure judiciaire contre Lumeya Dhu Maleghi. Suite à des indices de fautes d’actes sérieux de mégestion à sa charge et indiscipline, le Directeurs général de l’Autorité de régulation des postes, télécoms, est suspendu. Une instruction a été adressée au Premier ministre qui devra à son tour intimer l’ordre au ministre du portefeuille de suspendre le Directeur général de la société commerciale des transports et ports et son Adjoint.