Par la Rédaction

Arrêté mercredi dernier à son bureau de travail, en violation de procédure judiciaire, le journaliste Peter Tiani, Patron du magazine “Le vrai journal” vient enfin d’être transféré, ce samedi 10 novembre 2018, au centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa, Cprk, ex-prison centrale de Makala.
Aussi curieux que cela puisse paraître, le journaliste se trouve derrière les verrous, sans connaître exactement son plaignant ni les griefs lui reprochés. Mais, pour ses confrères, c’est le Premier ministre, Bruno Tshibala, mieux, la famille biologique de l’actuel Chef du gouvernement qui aurait porté plainte contre Peter Tiani, pour avoir relayé une information diffusée par le média en ligne Scooprdc.net. information selon laquelle le fils Tshibala, du prénom de Bertrand, avait volé 400.000 dollars américains, en la résidence familiale. Ces confrères justifient leur argumentaires par le fait de cette arrestation, qui intervient juste au lendemain du relais, par l’un des journalistes de Peter Tiani, de cette information qui, pourtant, tout aussi vrai, selon certaines indiscrétions, que cela aurait dû, normalement, interpeller les autorités compétentes dans la moralisation de leur vie publique, que d’amener manu militari un paisible journaliste qui n’a fait que son travail.
Pire encore, alors que le journaliste de “Le vrai journal” avait respecté le code de déontologie journalistique, en citant même la source d’où il avait puisé l’information, dans le seul but de se mettre à l’abri des attaques judiciaires, voilà que, contre toute attente, Peter Tiani, non concerné par cette affaire, se trouve en train de croupir dans les installations carcérales de Makala tel un forçat. C’est une lueur de malheur envahit le ciel électoral congolais, les élections à venir seront celles de tous les dangers, affirme le rapport 2018 du Jed (journaliste en danger) des attaques perpetrées contre les journalistes en Rdc.

Pourquoi les journalistes en Rdc sont souvent arrêtés en violation de procédure judiciaire ? Pourquoi, lorsqu’il s’agit des journalistes, la justice ne délivre que le mandat d’amener, sans commencer par l’invitation, la convocation suivie du mandat de comparution ? Autant de questions qui valent leur pesant d’or. Mais déjà, à la veille du début de la campagne électorale, certains observateurs voient d’un très mauvais œil cette arrestation de Peter Tiani, qui sonne comme une manière pour le pouvoir de museler les journalistes sont les analyses et critiques sont acerbes vis-à-vis de la Kabilie.

Par ailleurs, les chevaliers de la plume et autres professionnels des médias doivent se sentir interpellés, pour pousser le parlement à la modification de la loi du 22 juin 1996, régissant la presse, afin de l’actualiser dans le sens d’insérer la dépénalisation des délits de presse.