Par la Rédaction

Intervenant sur Top Congo FM, l’autre candidat gouverneur du Sankuru, Lambert Mende Omalanga dit qu’il ne pourra prendre part à une élection où la loi n’est pas respectée, faisant ainsi allusion à la requête de son parti CCU à la Cour d’Appel de Lusambo qui accusait son adversaire Joseph Stéphane Mukumadi d’usurpation de nationalité.

A lire entre les lignes, tout observateur de la politique congolaise se rend à l’évidence que l’ancien ministre de l’information et porte parole des gouvernements depuis 2010, a la peur au ventre. Sa peur d’échouer est très perceptible, car au sein même de sa plate-forme politique le Front Commun pour le Congo (FCC), certains ténors du même coin que lui ont la nausée rien qu’à entendre son nom prononcé. Et ils l’ont fait savoir à l’autorité morale (Joseph Kabila). Alors que les Cours d’Appel dépendent administrativement du conseil d’État, et qu’après recours de Mukumadi à cette instance et l’ayant réhabilité pour la course au gouvernorat du Sankuru, revoici Mende à la Cour Constitutionnelle pour annuler l’arrêt espère t-il du conseil d’État, afin qu’il soit seul candidat gouverneur au Sankuru.

Seulement, interrogeant Me Delphin Masaba, avocat et chercheur en droit de l’Université de Kinshasa, Objectif-infos.cd apprend qu’en réalité dans un État normal, la Cour constitutionnelle bien que saisie par rapport à ce dossier, ne peut que se déclarer incompétent quant à ce. L’arsenal juridique de la RDC a fait que les conflits émanant des élections de second degré soient traités par les Cours d’appel, qui elles, dépendent du conseil d’État.

« …mais dans ce dossier, on remarque comme si il y a une main politique derrière. Les avocats de Mende ont induit leur client en erreur en amenant le dossier sur la nationalité de leur adversaire à la Cour d’appel, car cette Cour est incompétente pour statuer sur l’état de la personne, c’est la compétence des tribunaux de paix. Même la Cour constitutionnelle n’a pas la compétence de dire qui est congolais et qui ne l’est pas. C’est le travail du tribal de paix que les avocats de Mende n’ont pas saisie. En plus, la partie Mende présente comme preuve de nationalité étrangère le passeport, alors que la preuve par excellence de nationalité, est le certificat de nationalité que détient d’ailleurs leur adversaire, où se trouve le droit?… » s’interroge le chercheur.

Dans cette entreprise de contestation orchestrée par l’ancien ministre d’informations, d’aucun pense qu’il compte encore sur la légèreté de la Cour constitutionnelle pour avoir gain de cause, sinon, s’il ne s’agît que du droit, la requête de Lambert Mende n’a aucune chance d’aboutir, pour la simple raison que Mende n’a pas apporté des éléments de preuves probantes attestant la nationalité française de son adversaire. Est-ce la peur de perdre?