Par Edmond Izuba

C’est désormais clair comme l’eau de roche. Le groupement politique Alliance des forces démocratiques du Congo et Alliés en solidaire à Bahati adécidé de son exclusion “définitive” au sein du Front Commun pour le Congo (FCC) de Joseph Kabila, qui avait sanctionné individuellement l’autorité morale de cette plate-forme politique, avant de renouveler sa confiance en sa personne. A l’issue d’une rencontre tenue ce mercredi 10 juillet à Kinshasa, les présidents des partis politiques membres de ce regroupement ont dénoncé le climat de haine, d’animosité et le règlement de comptes devenus mode de gestion au sein du FCC, avant d’inviter particulièrement leurs députés nationaux à examiner scrupuleusement les dispositions pertinentes des articles 110 de la constitution et 95 du règlement intérieur de l’assemblée nationale. La conférence des présidents, seul organe habilité à engager l’AFDC-A, met en garde tous ceux qui tentent de se faire débaucher en son sein.

Ces membres rappellent que l’AFDC-A demeure une des organisations ayant franchi le seuil de 1.000.000 des suffrages exprimés, résultats des élections du 30 décembre 2018, et exigent que leur soit à leur regroupement confiée la direction de l’institution sénat. Ils réaffirment la reprise totale de leur autonomie vis-à-vis des institutions, associations de la société civile ainsi que d’autres regroupements et partis politiques.

Reconfiguration de la classe politique en vue.

L’autonomie à laquelle fait allusion cette déclaration s’avère être un appât pour ce regroupement politique pour courtiser un partenaire plus souple que Joseph Kabila. Un parti des cadres ne souffre pas beaucoup, renseigne un membre influent de l’AFDC-A. Lui estime que la coalition CACH, au pouvoir depuis février et en quête d’une majorité au parlement, peut garantir une récompense idoine à leur regroupement politique. Ce qui peut encourager les députés Lamuka, Cash et AFDC-A d’agir en défaveur du FCC.

Les réalités électorales après les élections législatives nationales et provinciales donnent raison à l’AFDC-A, le regroupement ayant fourni plus d’une centaine des députés nationaux et provinciaux, contrairement à certains regroupements qui ont atteint difficilement le seuil d’éligibilité. Cet apport considérable va certainement peser du côté où penchera la future balance où ira ce regroupement politique. Le rappel de l’article 110 de la constitution qui stipule que Le mandat de député national ou de sénateur prend fin par :

  1. expiration de la législature ;
  2. décès ;
  3. démission ;
  4. empêchement définitif ;
  5. incapacité permanente ;
  6. absence non justifiée et non autorisée à plus d’un quart des séances
    d’une session ;
  7. exclusion prévue par la loi électorale ;
  8. acceptation d’une fonction incompatible avec le mandat de député ou de
    sénateur ;
  9. condamnation irrévocable à une peine de servitude pénale principale
    pour infraction intentionnelle.
    Toute cause d’inéligibilité, à la date des élections, constatée ultérieurement par
    l’autorité judiciaire compétente entraîne la perte du mandat de député national ou
    de sénateur.
    Dans ces cas, il est remplacé par son premier suppléant.
    Tout député national ou tout sénateur qui quitte délibérément son parti politique durant la législature est réputé renoncer à son mandat parlementaire obtenu dans le cadre dudit parti politique, semble être une mise en garde infrachisable pour permettre à Bahati et ses alliés de consolider leur unité. Ceux qui auront à franchir ces limites pourront perdre leurs mandats électifs au profit de leurs suppléants.
    Affaire à suivre…