Par Jean Chrysostome Luntadila

Les esprits étaient déjà surchauffés quand le premier ministre Ilunga Ilunkamba a décidé de mettre fin à la réunion. La particularité de la rencontre de ce lundi 07 octobre à la primature était la participation non seulement des parlementaires du Kongo central confondus (sénateurs, députés nationaux et provinciaux), mais aussi un membre du gouvernement central, ministre de relation avec le parlement de surcroît, Déo Nkusu. C’était un moment propice pour Premier ministre de répondre, cinq jours après la précédente rencontre, aux élus du peuple qui l’ont saisi directement.  « Le Chef du gouvernement  avait souhaité consulté d’abord ses conseillers avant de prendre une quelconque position », nous explique un participant à cette réunion.   Au cours de l’échange, le premier ministre a laissé la largesse au président de l’assemblée provinciale d’exposer le déroulement de la plénière qui avait tablée sur le réquisitoire du Procureur général près la cour de cassation sollicitant la levée des immunités du gouverneur du Kongo Central, Atou Matubuana. « La lecture de faits a été faite de manière biaisée,  avec de faussetés criantes. Heureusement que le premier ministre avait prévenu qu’il y aura aussi les contrevérités », renseigne une autre source. Anatole Matusila ne s’est pas montré compatissant à la situation qui prévaut au Kongo central, une population ne jure que sur le retour à la normalité au sommet de leur province après ce dossier de scandale sexuel contre son gouverneur. Dans ses explications : « Il y a eu vote, mais le résultat n’était en faveur d’Atou Matubuana parce qu’il fallait une majorité absolue. Monsieur le premier ministre, la majorité absolue à notre assemblée provinciale est de 22 voix et non 21 voix. Donc, à ce stade, il n’y a ni vainqueur ni vaincu ! ». Pas totalement convaincu de toutes ces explications tendancieuses du président de l’assemblée provinciale du Kongo Central, Ilunga Ilunkamba va rétorquer à trois reprises par la même question : « 21 voix contre 19 voix, avec ça vous dites qu’il n’y a ni vainqueur ni vaincu. Vous cherchez un terme pour justifier le vote? ». Avant de signifier au premier ministre sa démarche de saisir la cour constitutionnelle pour interprétation de cet article de la constitution qui, d’après lui, exigerait une autre majorité que celle réservée au réquisitoire du procureur général près la cour de cassation, Matusila a encore menti au premier ministre : « parmi les députés qui ont voté il y avait un qui n’avait pas qualité ». Le président de l’assemblée provinciale a oublié que le même jour du vote il y avait un appel nominal. « L’assemblée provinciale était étonnée de voir que le conseil des ministres a déclaré que les députés provinciaux ont voté contre le réquisitoire du Procureur général », ajoute-t-il.  

C’est alors que surgit un député national qui prend brutalement à contre-pied le premier ministre : « Nous voulons connaitre ici, monsieur le premier ministre, est-ce le gouverneur qui avait besoin de la majorité absolue ou c’est le Procureur général ? »  

L’intervention peu orthodoxe de Déo Nkusu, le tout puissant ministre de relation a utilisé un ton moins poli à l’égard de son Premier ministre, viendra cloturer le débat : «Si Atou Matubuana revient aux affaires après les enquêtes de la justice, je vais démissionner du gouvernement et je pousserai aussi mon ministre provincial au Kongo central à la démission». Soufflé par son conseiller et ne voulant répondre à aucune de questions qui frôlaient une sorte de victimisation, le Pm Ilunga Ilunkamba a préféré convoquer le procureur.

Toutes les tentatives de joindre les concernés ont été révélées insignifiantes et sans succès.