Par la Rédaction

Le constant est satisfaisant, le bilan sur le plan politique à quelques six mois de son mandat est globalement positif. 23 juin 2019, ce fût un dimanche, une nouvelle date vient d’être gravée dans l’histoire politique de la République Démocratique du Congo. Deux événements, non les moindres ont marqué les esprits de kinois. Il s’agit notamment du culte d’action de grâce pour la Nation et du retour de Jean Pierre Bemba. La ville-province de Kinshasa était prise en étau.

De l’Est comme à l’Ouest de Kinshasa ou l’inverse, les parties concernées y prendre part active. Une mobilisation totale à la taille des événements. Dans l’un comme dans l’autre, la foule humaine a été au rendez-vous.

D’un côté, tôt ce matin, de milliers des sympathisants se sont rués vers l’aéroport de N’Djili pour accueillir le Président National du MLC, et membre de la Plateforme LAMUKA. Atterri à l’aeroport international de N’Djili aux environs de 7 heures du matin pour ne sortir qu’à 11 heures après que le boulevard Lumumba ait été rempli du monde. De la sortie de l’aéroport de N’Djili en passant par l’entrée du boulevard Lumumba jusqu’au terrain sainte Thérèse, Jean Pierre Bemba a marché à pied comme dans sa jeep toit ouvrant avec la foule. Un discours qui appelle à la défense de la démocratie fièrement acquise. Le président du Mouvement de libération du Congo (MLC) a estimé que l’heure est venue pour que la Rdc « goûte le miel de la bonne gouvernance et un Etat de droit ». Pataugeant dans le sens que l’opposition républicaine prêchée par Moïse Katumbi, Bemba prend à contre-pied Martin Fayulu et Adolphe Muzito présents au meeting, seuls deux leaders très actifs dans le combat de la vérité des urnes. Un discours conciliant qui lui fait oublier certaines rivalités d’antan, ses positions souvent tranchées contre l’actuel parti au pouvoir l’Udps.

De l’autre côté, des fidèles des églises dites de « réveil » se sont joint au président de la république à travers un culte d’action de grâce pour la Nation qu’il a appelé de son vœu. Le pays qui venait de frôlé la catastrophe avec les élections contestées jusqu’à ce jour, la passation pacifique du pouvoir a eu lieu, mais dans la partie Est du pays la persistance des massacres et la recrudescence de l’épidémie d’Ebola. Face à cette crise aux conséquences incalculables et sans réponses idoines trouvées, le chef de l’Etat a préféré établer publiquement sa chrétienneté au stade des martyrs de la pentecôte en suppliant la miséricorde pour le salut de Dieu. « Je confesse mes péchés, ceux de mon peuple et ceux commis par les autres sur le sol de mon pays… J’endosse la responsabilité de toutes nos fautes et demande pardon pour tout abus de pouvoir contre les faibles, pardonne nous aussi de n’avoir pas été de bons gérants de toutes nos richesses que tu nous as données… ». L’on pouvait bien lire entre les lignes qu’il s’agissait les bonnes intentions de Félix Tshisekedi de se démarquer du travail de ses prédécesseurs, mais l’heure n’est pas venue pour qu’il prédise là où la population l’attend agir, c’est-à-dire « le peuple d’abord ». Ce slogan qui a été placé en avant plan pendant la campagne électorale n’a pas encore commencé à être conjugué au présent. Un grand risque que la prière faite par le chef ne tombe pas dans des oreilles attentives de plupart de congolais qui croupissent dans la pauvreté.

Avec ses leaders, la démocratie s’accompagne avec la liberté d’expression

Nombreux et innombrables kinois craignaient l’escalade de violences ce dimanche 23 juin compte tenu de la proximité qui devrait liée les militants politiques du meeting de Bemba sur la place triomphal aux fidèles du culte du stade des martyrs. Le président du Mlc a concédé les abords du stade des martyrs pour laisser la possibilité au chef d’organiser son culte d’action de grâce. Deux prestations à Kinshasa de deux leaders opposés débutées presque à la même heure. Ce que la plupart des congolais redoutés. Ces deux événements, il faut le dire sonnent le glas d’une ère nouvelle qui a commencé depuis l’alternance pacifique. Pour preuve, ils ont été émaillés d’incidents mineurs. Une première dans l’histoire de la République Démocratique du Congo. En effet, aucune arrestation n’a été signalée au cours de ces manifestations de grande envergure, ni de dégâts matériels encore moins des pertes en vies humaines.

Il y a peu, des manifestations de ces genres avaient été réprimées dans le sang à la campagne électorale de 2011.il y a de quoi saluer la sagesse des autorités urbaines qui ont joué préalablement au sapeur-pompier.

La question qui taraude les esprits est de savoir si les vieux démons qui hantaient le pays ont disparu? Difficile de répondre pour l’instant à cette question. Cependant, il faut signaler une maturité dans le chef des sympathisants mais aussi le professionnalisme de la Police Nationale Congolaise qui a sans doute tenue au respect sans doute du mot d’ordre de la hiérarchie.

L’ouverture politique permise par le chef de l’Etat actuel a ouvert le chemin de retour à plusieurs acteurs politiques en exil dont nombreux préfèrent lui faire allégeance. Après le retour triomphal de Moïse Katumbi et compagnie à Lubumbashi, Mbusa Nyamwisi, la réapparition de Né MuandaNsemi, c’est le tour de Jean Pierre Bemba de fouler le sol de la capitale congolaise.