Par la Rédaction

Deux attaques sanglantes à l’université de Kinshasa, lundi et jeudi dernier. C’est le ministre de l’enseignement supérieur et universitaire qui accuse en premier la police d’avoir fait  « ’usage des balles réelles… sur le site universitaire» jusqu’à exiger une peine exemplaire des policiers responsables de ces tirs mortels. L’association congolaise pour l’accès à la justice, Acaj, a condamné les actes d’atteinte à l’intégrité physique et d’extorsion de plusieurs effets des étudiants commis par certains policiers. La justification de la police ne s’est pas fait attendre. Vendredi 16 novembre 2018, le commissaire provincial, outre ses condoléances aux familles éplorées, met en garde tout policier qui utiliserait les armes à feu pour les interventions sur les sites universitaires. Le successeur du Général Kanyama surnommé  Esprit de mort, reconnu pour sa capacité de réprimer les manifestations, Sylvano Kasongo a annoncé avoir déféré à l’auditorat militaire l’un des policiers coupables.

Ces morts et blessés de trop sur le dos des autorités militaires ont suscité de l’émoi dans le rang des étudiants, qui ont brulé les pneus devant le bâtiment administratif, l’immeuble abritant les bureaux du recteur, après avoir incendié les véhicules des privés et de la police se trouvant dans l’enceinte de l’université.

Loin des revendications politiques cette fois-ci,  les étudiants tués par balle sur le campus ne réclamaient autre chose que la reprise de l’examen de Ière et IIème session, la délibération, et la rentrée académique 2018-2019.

Pas prêts pour la levée leur mouvement de grève enclenché depuis près d’un mois, les professeurs de cet alma mater seront en assemblée générale ce samedi pour déterminer la suite de leur action. Ils exigent la destitution du nouveau recteur « tinté de couleur politique », sa nomination par le ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire aurait violé la loi qui prévoit que le chef d’établissement soit élu par ses pairs.