Par Edmond Izuba

Le rapport rendu public le 12 Mars 2019, refuse de croire à tout caractère de spontanéité pour des tueries barbares enregistrées à Yumbi et environs, dans les attaques qui opposaient deux ethnies à savoir le Batende et Banunu Bobangi. Il ressort des enquêtes du groupe d’experts des nations unies, le bureau conjoint des droits de l’homme en Rdc, que tout a été bien préparé pour des attaques organisées dans les localités de Yumbi et Bongende, dans la province de Mai-Ndombe. L’enquête a pu confirmer que ces attaques ont fait au moins 535 morts et 111 blessés, au moins 967 bâtiments, principalement des habitations mais aussi 14  églises, 17 écoles et cinq centres de santé, ont été pillés et/ou détruits, ainsi qu’au moins 363 pirogues. Bilan d’un massacre planifié aux armes professionnelles de guerre.

L’équipe a pu identifier 59 sites d’enterrement dont 15 fosses communes dans deux des villes attaquées, à savoir Yumbi et Bongende. Ces chiffres ne doivent pas être considérés comme exhaustifs.

Des réunions qui ont précédé ces attaques

Le mode opératoire des attaques contre les localités de Yumbi, Nkolo II et Bongende était similaire : « plusieurs centaines, voire des milliers de personnes ont envahi les localités, équipées d’armes à feu de type calibre 12, d’armes blanches (notamment des machettes, des arcs, des lances)  et d’essence. Selon plusieurs témoins directs, les assaillants étaient encadrés par des personnes de « type militaires » identifiés par des t-shirts et pantalons camouflage et équipés d’armes automatiques, pouvant être des militaires ou d’anciens militaires. Les assaillants ont utilisé des fusils de chasse contre les personnes tentant de fuir et ont brûlé des maisons, souvent alors que des personnes (parfois des familles entières) s’y trouvaient. La plupart des victimes blessées par balle ou dans les incendies ont ensuite été achevées par armes blanches. Les assaillants ont alors mutilé beaucoup de corps et emporté certaines parties », rapporte cette enquête.

Les assaillants, et c’est une signe de préméditation, sont arrivés avec des peintures de guerre, des armes à feu, des armes blanches et même des bidons d’essence pour incendier les maisons. Certains de leurs habitants sont d’ailleurs morts calcinés avant d’avoir pu s’échapper. Autre détail horrifiant : la répétition des cas de mutilation des parties génitales des victimes.Ces attaques ont été facilitées par une absence de réaction de l’Etat, dont les représentants, notamment le gouverneur, auraient pourtant été alertés en amont. Si certains militaires ont tenté de réagir et ont même été tués, selon les informations recueillies par l’ONU, d’autres témoignages concordants, dit ce rapport, évoquent des hommes en tenue militaire et des rapports médicaux font bien état de l’utilisation d’armes automatiques. Mais l’ONU dit ne pas être en mesure de confirmer la participation de membres de forces de sécurité.