Par Serge Mavungu

« Oui Le théâtre peut changer le Congo. »
Cette affirmation ressort des propos de Yves Mansueki, qui croit mordicus en l’infuence du théâtre sur nos moeurs, lors du dernier entretien qu’il a accordé à la presse en pleine préparation de la pièce Théâtrale « Glossaire du mal » qui sera représentée par Julda Yengaende,ce vendredi 18 Octobre à Aw’art (Bandal Kimbondo 417 Ref : Ex Seben Club), par une adaptation et mise en scène de Yves Mansueki.
Cette pièce est inspirée du roman  » Ce foutoir est pourtant mon pays » de Chardin Alphonse Nkala, adapté par Yves Mansueki,
Cette planche retrace l’histoire d’un personnage riche en couleur, Esanga Biliba Njorobé dit le coq de la Radio Nationale, un journaliste incarcéré pour avoir dénoncé les actions nefastes perpetrées par le pouvoir en place de la République Fédérale de Batibatoukou sa patrie.
 » Or la liberté d’expression est préjudiciable à la santé… Ce que, ce pays va mal » déclare Esanga Biliba Njorobé, dans sa cellule de prison à Mansuelulu, d’où se déroule la scène. Faisant clandestinement une vidéo destinée sûrement à l’éveil de conscience des Batibatukois.
Son langage incisif, sa manière un peu drue et brutale de présenter les niaiseries de ses concitoyens, sa fermeté contre le clientélisme, olligarchisme, le cynisme, le nihilisme et toutes autres formes d’antivaleurs avec un courage héroïque. Quoiqu’incarceré, jusqu’au sacrifice suprême, ce vaillant homme se bat pour un vrai changement et non cosmétique des conditions de vie de ses concitoyens, Batibatoukois.
« Je mets de la vitesse dans mes discours, puisque le désordre est le seul maître des lieux ».
Ce théâtre monologue est joué par Julda Yengaende avec majesté, au delà du jeu d’acteur, ce comédien joue avec son coeur, et fait sien ce thème plus interpellateur que délateur riche en messages. Conscient que, « Glossaire du mal » arbore les faits vécus dans bien des pays africains alors il y met son corps et son âme. Sous l’égide d’Yves Mansueki, cette pièce théâtrale conjure à construire un Congo nouveau mais autrement.
Ce rendez-vous artistique est à recommander sûrement, ce titre palpitant recèle d’un énorme trésor artistique en costume et decor, geste, parole, éclairage, avec Patrick Kambolo à la régie lumière.
 » Le glossaire du mal » est empreint du vrai de patriotisme.