Par Edmond Izuba

Ça aura été les cinquante minutes du discours logorrhéique, très long, peu convaincant, mais surtout nationaliste et  passionnel pour le Congo, selon Joseph Kabila. Ce jeudi 19 juillet 2018, la ville de Kinshasa n’a connu son ambiance habituelle. Concentrée, la capitale a retenu son souffle depuis l’annonce par les deux chambres du parlement de l’adresse du président de la république, avec comme seul motif : suivre minutieusement ce qui devrait être considéré comme le tout dernier discours du Raïs devant le congrès. Le peuple attendait un discours héroïque, axé principalement sur les questions majeures de l’actualité politique, notamment sur les prisonniers politiques ; renoncé aux intentions d’un possible troisième mandat ; tranché sur la machine à voter. Ces principaux points, manifestement zappés, continuent à faire du mal à la cohésion nationale tant souhaitée dans le pays avant la tenue des élections.

Sur le plan politique où beaucoup attendaient les éclairages à plusieurs certaines zones d’ombres sur sa vie politique après son règne politique comme président de la Rdc, sur ce point, Joseph Kabila s’est montré encore plus réservé comme jamais auparavant. Il s’est limité par confirmer la tenue  de la troisième consultation électorale en décembre et le refus du financement étranger pour éviter tout chantage, et le respect de la constitution qui reste pour lui sans équivoque. « Les élections seront entièrement financée par la RDC, loin de nous l’arrogance mais plutôt pour confirmer notre souveraineté nationale. »

Les évêques catholiques congolais qui ont mené les assises du centre interdiocésain, réussissant sur la même table l’opposition-majorité-société, ont récemment dénoncé la violation des certaines dispositions fondamentales dudit accord, en interpellant le président de la république. Le comité laïc de coordination, une branche de la société civile active, qui a organisé les plusieurs marches pacifiques depuis le début de cette année, revendique l’application stricte de l’accord politique et global de la saint sylvestre. La classe politique non partante au gouvernement d’union nationale a plusieurs fois décrié les initiatives provocatrices du régime Kabila qui menacent le processus, la paix et créer ainsi l’instabilité dans la sous-région. L’accord signé au lendemain de l’expiration légale du deuxième et dernier mandat du chef de l’Etat actuel, c’est-à-dire le 19 décembre 2016, prévoyait la détente politique à travers les sept cas emblématiques, qui passaient par l’abandon des poursuites judiciaires jugées « fantaisistes » contre les acteurs politiques de l’opposition, la libération des prisonniers politiques, et le retour au pays des exilés politiques. Plusieurs aspects ayant intégré le processus électoral en cours n’ont jamais fait l’objet de l’unanimité des parties prenantes à ce processus. Le président de la république n’y faisant pas référence les prescrits de l’accord, il a justement éconduit proprement les évêques.

Les quolibets sur la figure de la communauté internationale

Si à la conférence nationale souveraine de triste mémoire le Maréchal Mobutu, poussé par la communauté tant nationale et internationale de quitter le pouvoir, s’est contenté à verser quelques gouttes de larmes avec cette phrase : « comprenez mon émotion », il n’en sera nullement pour Joseph Kabila. Dans l’entame de son discours, Joseph Kabila lâche : « Je sens qu’il y a une petite tension dans la salle… Je ne vous dirai pas comprenez mon émotion, mais plutôt comprenez ma pension pour le Congo ». Ces deux phrases qui se trahissent quelque marquent quand une seule convergence ;  les applaudissements quelques soit les circonstances. Une introduction qui va vite ouvrir le champ de tir contre les diktats et ingérence de la communauté internationale. « La RDC est aujourd’hui au centre de toutes les convoitises, intrigues diplomatiques ainsi que les complots sordides de toutes sortes. Notre modèle politique a fait ses preuves, la démocratie congolaise n’a jamais donné de leçon à personne et ne veut en recevoir et surtout de ceux qui ont tué la démocratie dans ce pays…. Si la traite négrière, la colonisation, les rébellions ainsi que les guerres d’agressions n’ont pas eu raison sur lui, le Congo vivra à jamais comme Nation libre et indépendant.»

Antonio Guitteres, actuel secrétaire général des nations unies, Moussa Faki, président de la commission de l’union africaine, Cyrile Ramaphoza, président de la Sadc,  qui se sont intéressés à la crise politique congolaise doivent avoir compris la leçon, peut-être changer de fusil d’épaule.