Par Edmond Izuba

Ce samedi au siège du G7, le Baba wa Katanga (le père du Katanga) a rompu le silence. Pour lui, il n’est nullement question de faire l’opposition au nouveau chef de l’Etat de la Rdc. Dans une déclaration à Kinshasa, le coordonnateur de la coalition Lamuka dans le Haut-Katanga, a sans hypocrisie ni gêne adressé un message trop direct aux pourfendeurs du fils Tshisekedi.   « Cessons avec ces petites querelles inutiles, qui tendent à accentuer une scission artificielle entre les acteurs du combat commun, une querelle qui ne profite qu’aux fossoyeurs de la démocratie. Moïse Katumbi et moi ne pouvons  pas nous ériger en ennemi ni en obstacle de Félix Tshisekedi », avoue Gabriel Kyungu wa Kumwanza.

Un paragraphe assassin qui vient embrouiller la bonne marche d’une coalition électorale plongée dans les contestations  et qui  revendique sa《victoire indûment  volée.

Ayant sur ses épaules le poids d’une déception post-électorale, Martin Fayulu, candidat Lamuka à la présidentielle du 30 décembre 2018, n’est pas prêt à faire des concessions ou allégeance à l’actuel pouvoir  Cach-Fcc. Par contre, après son auto-proclamation, le coordonnateur de la dynamique de l’opposition nourri l’envi de saisir officiellement les instances judiciaires internationales pour réclamer sa victoire.    

La réconciliation oui, mais sans la vérité des urnes ?

De la contestation à la réconciliation, un passage en force que veut opérer l’actuel président de l’assemblée nationale provisoire, en voulant écarter bonnement en eux les démons de la division. Cette initiative qui relève de l’improvisation serait malvenue à la coalition Lamuka, si c’est ne que mettre de l’huile sur le feu pour exploser la division tant redoutée. La crédibilité du père de la dignité Katangaise est mise à rude épreuve dans sa théorie de gestion de conflit. Il sera certainement difficile de faire avaler à Fayulu  cette option, lui qui semble obéir au schéma (non maitrisé) de la conférence des  évêques de l’Eglise catholique (Cenco) qui ne sont pas encore arrivés à l’étape de la réconciliation. Qui demandera pardon à qui? Est-ce Martin Fayulu ou le président Félix Tshisekedi ?

 Gabriel Kyungu, ami de la longue et pénible lutte radicale d’Etienne Tshisekedi contre la dictature Mobutienne draine  une arrière base importante dans le grand Katanga capable de changer la donne voire le combat actuel de cette coalition. Profitant du calme qui a été observé contre les appels à manifester de Fayulu, le dignitaire peut s’octroyer du succès s’il arrivait à couper l’herbe sous les pieds de Moïse Katumbi qui, depuis le début des actions de contestation des résultats de la Ceni par Fayulu est resté silencieux, chose  qui n’est pas dans ces habitudes.

Katumbi aura-t-il  le courage de contredire l’icône de la province du Katanga ?

Une chose est claire : cette déclaration de Gabriel Kyungu Wa Kumwanza place Moïse Katumbi dans une très mauvaise posture.