Par la Rédaction

Toutes sortes d’émissions étaient au rendez-vous, une manière de vendre à haute voix ce que le pouvoir de Kinshasa n’a jamais voulu accepter : sa responsabilité et sa complicité. Pas du coq à l’âne, Mukwege est resté imperturbable. Le médecin Directeur de l’hôpital de Panzi, situé au ventre  de la ville de Bukavu, en recevant les honneurs dus au rang du prix Nobel de la paix, l’imperturbable  Mukwege oublie de porter ses gangs du bloc opératoire et étale en pièce à Oslo, en Norvège, son adversité vis-à-vis du pouvoir de Kinshasa, jusqu’à le placer sur le même banc que les accusés du viol… Devant toutes les puissances du monde réunie à l’unisson, les personnalités distinguées, les caméras, et à Denis Mukwege d’accuser : «Mon pays est systématiquement pillé avec la complicité des gens qui prétendent être nos dirigeants. Pillé pour leur pouvoir, leur richesse et leur gloire. Pillé aux dépens de millions d’hommes, de femmes et d’enfants innocents abandonnés dans une misère extrême… tandis que les bénéfices de nos minerais finissent sur les comptes opaques d’une oligarchie prédatrice ». Le pouvoir de Kinshasa qui attendait Mukwege s’en prendre aux auteurs directement aux principaux auteurs, mouvements rebelle, les multinationales ainsi que leurs affidées. Kinshasa qui a toujours réagi froidement depuis cette consécration du Docteur par le jury de ce prestigieux prix, pour le moins que puisse le dire, n’est pas surpris par ce discours combien comportant de scènes historiques lugubres du travail abattu par le gynécologue-obstétricien de l’hopital de Panzi. Revêtu d’âme d’Etat, Mukwege va plus loin : « Agir, c’est refuser l’indifférence.

Deuxièmement, nous sommes tous redevables vis-à-vis de ces femmes et de leurs proches et nous devons tous nous approprier ce combat ; y compris les États qui doivent cesser d’accueillir les dirigeants qui ont toléré, ou pire, utilisé la violence sexuelle pour accéder au pouvoir. »

Des faits qui mettent sur la même assiette les forces négatives et le pouvoir assuré depuis plus de 20 ans par le régime de l’alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo, Afdl, dont la continuité est assurée par le chef de l’Etat actuel Joseph Kabila.

Certes, sans ignorer leurs habitudes, Kinshasa va chercher à tout prix pour expliquer son mécontentement, et les rebelles dans la partie Est tueront sans vergogne. Ces propos peuvent se transformer à un véritablement cri d’alarme d’un peuple longtemps meurtri, mais aussi être utilisés comme un aveu d’impuissance de la communauté internationale pour finir la chasse aux minerais du grand Kivu.